Régis Bossut, décrit, exemples et contre-exemples, à l’appui, l’intérêt d’une vraie félicitation et son impact sur le moral des collaborateurs.

 

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Lorsqu’en formation, nous demandons aux managers des exemples de stimulations, souvent, après quelques réponses telles que : les primes, promotions, augmentation, un challenge, arrivent des idées telles que : valoriser, donner des signes de reconnaissance, rarement et particulièrement, dans certaines entreprises, arrive le mot : « féliciter ».

 

Ah ! la félicitation !

 

Souvent, dans les entreprises, nous entendons des managers dire : 

 

« Quand je ne dis rien, c’est que ça va ! ».

Eh bien vous ne pouvez-pas savoir à quel point, quand on le dit, ça va mieux !

 

Maintenant, il y a des expressions encore beaucoup plus révélatrices, par exemple : « Celui-là, je vais le coincer ! »….

Dans quel état, se retrouve le collaborateur coincé ?

Diminué de 15 cm !

 

Vous voulez vraiment donner une formidable énergie à vos collaborateurs ? 

Eh bien, justement, coincez-les ! … Coincez-les en train de faire quelque chose bien et dites leur ! La force d’une félicitation !

La seule possibilité pour féliciter, c’est de s’apercevoir que quelqu’un a fait quelque chose de bien ! 

 

C’est vraiment traquer le positif et non l’inverse !

 

Quand je tiens ce discours, quelques fois j’ai les objections suivantes :

 

  • Oui mais, quand même, c’est normal que les gens fassent du bon travail, ils sont payés pour cela !
  • Oui mais, si on les félicite tout le temps, ils risquent de prendre la grosse tête !

 

Où alors :

 

  • Oui mais, si on les félicite trop souvent, ils risquent de nous demander une augmentation !

 

Où encore :

 

  • Oui mais, ça peut être de la flatterie.
  • Oui mais, moi je ne sais pas féliciter, moi on ne m’a jamais félicité et si je le faisais, ça sonnerait faux.

 

Que faire pour surmonter ces freins ?

 

  • Tout d’abord, féliciter lorsque c’est justifié !

 

Quand est-ce que ça peut être justifié ?

Est-ce que nous allons attendre l’exploit ? La réalisation d’un objectif exceptionnel ?

À quelles occasions pouvons-nous féliciter, quotidiennement ?

Est-ce que c’est forcément un grand discours ?

Est-ce que c’est forcément au cours d’une manifestation publique ?

Une félicitation, ça peut-être tout simplement : « très bien », «oui», «bravo», « bien joué », «très bien, continuez ».

À quelle occasion ? Quand quelqu’un a fait un effort particulier. C’est un moyen puissant de le stimuler, de l’aider à faire quelque chose de difficile pour lui, à un moment donné. De lui donner ou lui redonner de l’énergie !

Ça peut être l’occasion de stimuler quelqu’un dont les résultats sont moyens, mais qui rame, pour lui ça peut-être dur, et il reste dans le plus pur anonymat. Alors que d’autres reçoivent des lauriers pour de bons résultats, qu’ils ont peut-être atteint avec facilité.

Féliciter, ç’est reconnaître les efforts et les encourager.

 

Féliciter même dans certains cas quand l’action du collaborateur est tout à fait normale.

Par exemple j’ai un collaborateur qui a du mal à être ponctuel, je lui demande de faire un effort, le lendemain, je vais le « surprendre » en état de ponctualité et je lui dirai bravo ! C’est ainsi que je vais l’aider à acquérir un nouveau comportement. Tout le monde sait à quel point c’est difficile de prendre de nouvelles habitudes !

 

Que faire pour que ce soit sincère et non de la flatterie ?

 

Tout d’abord, quand quelqu’un a fait quelque chose de bien, quand intervenir ?

 

Immédiatement ! Là, non seulement ce sera ressenti comme sincère et en plus, le collaborateur saura pourquoi il est félicité.

Une vraie félicitation est, à la fois, spontanée et spécifique.

Maintenant, si je dis à un collaborateur : «bravo pour avoir rendu ce travail dans les délais, au fait, vous pourriez retarder vos vacances d’une semaine ?» La prochaine fois que je vais le féliciter, que croyez qu’il va faire ?

 

Une vraie félicitation, n’est pas seulement spontanée et spécifique, elle est aussi gratuite !

 

Que faire encore pour qu’une félicitation soit bien reçue ?

 

Souvent, il y a des personnes qui apprécient d’être valorisées pour ce qu’elles sont et d’autres pour ce qu’elles font, ce sont quelquefois les mêmes personnes dans des situations différentes.

 

Si je dis à quelqu’un qui apprécie d’être valorisé pour elle-même « Très bien pour la réalisation de votre objectif», elle peut très bien se dire : « Il n’y a vraiment que les objectifs qui comptent et moi alors ? »

A l’inverse, si je dis à quelqu’un « Vous êtes vraiment très fort », il peut se dire : « Il n’a même pas regardé mon travail ! »

 

Donc, une vraie félicitation est adaptée à la personne.

 

Vous voyez pourquoi, il faut être un Homme avec un grand H pour manager et motiver, car il n’existe pas de machine à féliciter, ni un manuel de procédure ! Rien ni personne ne pourra nous dire : il faut féliciter X fois par jour de telle heure à telle heure.

 

Maintenant quand on s’aperçoit à quel point un mot, un geste, une attention peut apporter aux autres, même quand on n’y est pas habitué, ça ne change pas seulement la vie des autres…

 

Et je vais vous faire une confidence : «Je n’ai encore jamais rencontré de collaborateurs saturés de félicitations !»

 

Coincez vos collaborateurs en train de faire quelque chose de bien !

Traquez le positif !

 

Je sais que cette semaine sera pour vous et vos collaborateurs une semaine exceptionnelle et je vous en félicite à l’avance ! 

 

Pour en savoir plus :

 «Le leadership en action»

«Les actions d’accompagnement personnalisées»